Madame Poiraud préparait ses purées de pommes de terre tout comme les patrons des jupes de sa fille : la couture était son mode d'expression artistique, Delphine grandit habillée sur mesure et en couleurs.
Puis elle quitte l’île familiale pour aller traîner ses jeans de dentelles dans les boîtes parisiennes de Design. Empruntée du rituel maternel, elle accessoirise ses vêtements faits machines par des bijoux faits mains. Elle trouve Paris sans folklore : c’est l’époque de la taille standard et des plats cuisinés surgelés.
Petit à petit Delphine trouve son expression à travers la transmission qu’elle transforme personnellement : Elle tourne les talons à la mode standardisée pour imaginer la mode de chez elle.
Elle part faire son apprentissage à l’
Atelier Butsh, un atelier de couture de stylisme-modélisme, basé sur l’enseignement compagnonnique. Elle apprend le savoir faire artisanal de la conception à la réalisation du vêtement sur mesure, du costume d’époque et de scène.
Delphine Poiraud crée ses patrons à sa sauce, elle pense et coud ses vêtements comme un plat traditionnel. Ses vêtements ont l’âme fidèle, ils sentent beaux et distingués et ont le goût charmant du folklore : Delphine aime l’harmonie des élégances gaies et agréables à la ville comme sur son île.
Anne-Lise Le Brun